LA COMPAGNIE
Basée en Ariège, la Sagesse qui Déconne, est une équipe réunie autour du travail de Sophie Decaunes avec comme mots d’ordre le Sérieux décontracté. Les spectacles actuellement en tournée sont tous des seuls en scène. Ceci dit, il y a du duo dans l’air...
Sophie Decaunes et Lennie Gandemer : Artistes
David Tormena : Metteur en scène et conseiller en tout genre sur la sphère contée
Yan Oliveri : Révélateur de connerie
Mélanie Pérol : Accoucheuse d’histoire et soutien invétéré
Guillaume Kalifa-Debray et Daphnée Meyer-Delmas : Producteurices de PEPS
Hugo Vossenat : Graphiste de Roulez Genette
PETITE FANTAISIE AUTOBIOGRAPHIQUE
​Après une semaine de rhab’ dans la bulle chaude du ventre protecteur, je profite d’un jour de grosse tornade pour naître sous les cris plus ou moins mélodieux d’une mère enfin délivrée. J’apparais pégueuse grimaçante rouge et poilue sous le regard avide d’un père devenu pour l’occasion cameraman-paparazzi.
L’état civil en rajoute une couche : Sophie Decaunes, c’est écrit, enregistré, j’hérite de la Sagesse qui Déconne. Impossible de me prendre alors au sérieux.
La Vie est un grand jeu, vous l’savez, chacun chacune son équipe, la mienne est sacrée :
* Côté maternel la débandade populaire : déguisement, coussins péteurs, la grand-mère mène le bal et tout le monde la suit gaiement en chantant « j’aurai voulu être un artiste ». Ma mère fredonne en nettoyant mes fesses avec allégresse, me raconte des histoires le soir et change de coupe de ch’veux à qui mieux mieux.
* Côté paternel la rigueur militaire : sourire à l’envers, caserne, discipline, horaire, costume d’apparat, heureusement à côté de ça, les bikers sont là. Mon père est pompier et motard, il sauve des vies, écoute Johnny, et casse les rétros des voitures un peu trop à gauche.
* Moi je m’imbibe de tout cela tel un bon gros baba, et fais mes premiers pas sur les scènes du Club Med : je chante, danse, joue « Ella Ella Ella ouou ouh ouh ouh ouh ouh ce je n’sais quoi elle a... ».




Je vous laisse apprécier la grâce et l’aisance naturelles développées très jeune et cultivées jusqu’aujourd’hui
* L’école prend le relai avec des ateliers danse, théâtre et clown. Je découvre la joie de faire rire avec les mots, le corps, je fais la pitre, invente des danses et prends voix au chapitre des spectacles de fin d’année.
* Au Collège après le déjeuner, au club du fond d’la bibliothèque, on s’amuse de Molière.
* Au Lycée finit la rigolade. Le sérieux est de mise : boite noire, textes grecs, allemands, contemporains dépressifs, on me rabâche que faire rire est beaucoup plus dur que de faire pleurer, j’abdique et m’ensevelie dans la tragédie.
Heureusement le week-end j’exulte dans le micro du karaoké puis vais me marrer et rêver à ciel ouvert avec les artistes de rue de Paname.
* A la Fac, le clown me refait de l’oeil, mais je suis verrouillée, le drame m’a fait vriller.
Un sursaut de vitalité m’emmène à quitter les bancs d’école pour m’engager dans une formation danse et théâtre. Une année complète à jouer et danser !! Tout en m’écartant du chemin je fais à mes parents la promesse empoisonnée d’y retourner la formation terminée... Une année ça passe vite...Et me voilà replongée derrière moult livres et cahiers : théorie, thé au riz, t’es haut ris !
* Commence alors 10 longues années où je tourne méthodiquement autour du pot : assistante de programmation cinéma aux affaires culturelles de la Fac, Licence d’administration du spectacle, stagiaire au bureau de la compagnie Les Cousins, chargée de relation public et d’actions culturelles, allers-retours en régie, puis je quitte carrément la galaxie culturelle pour plonger dans celle du social : animatrice périscolaire, assistante de vie, femme de ménages, animatrice à l’environnement... j’explore les relations humaines, au cœur du fragile, du sensible, du jeune, du vieux, du groupé, de l’isolé. Pendant ce temps, quand même, je chante et fais la guignole avec les Gwack’n’Mol, petit groupe de ska-punk... Et puis l’ouvrir version mélodique comme ça, ça m’botte tellement que j’prends des cours de chants !
* Et puis il y a ce grand projet de voyage « CAP : Curieuse des Autres Possibles » qui m’amène toute une année sur les routes de France à la découverte de l’Agriculture Biologique et du patrimoine oral. Au bout de 6 mois je m’fais à l’évidence : je ne serai pas agricultrice. On me dit trop poètesse pour être rentable...Et c’est vrai que j’passe plus de temps à regarder les fruits dans les arbres qu’à les cueillir, à imiter le cris des brebis qu’à les traire… Alors un virage s’opère. Je réévalue l’itinéraire et me concentre sur la rencontre d’artistes, me jette à corps perdu dans cette richesse commune et volatile que sont les contes, les danses et chants traditionnels.
Au retour de ce voyage, après une grosse restitution artistique et mes premiers pas comme chanteuse de rue, je quitte la région parisienne, et descends droit vers l’Ariège. Le clown recroise alors ma route, et cette fois je suis prête à le suivre.
* 10 autres années passent, égrenées de stages, de rencontres, et d’essais en tous genres. Je tricote les différentes matières rassemblées, et me voilà enfin créant et partageant.
Ça y est, je suis dans l’pot et renouvelle les recettes qui y mijotent pour savourer la Vie en bonne compagnie.